Bonjour Marion.
Vous pouvez
venir vous poser ici quand bon vous semble...
Vous y serez toujours la bienvenue.
Je promets d'essayer de ne pas m'y montrer trop flatteur...
Bonjour Marion.
Vous pouvez
venir vous poser ici quand bon vous semble...
Vous y serez toujours la bienvenue.
Je promets d'essayer de ne pas m'y montrer trop flatteur...
Je crois que je me suis senti vexé. Et, plutôt que pour obtempérer à votre demande, que c'est sous l'impulsion de ce sentiment ci,
et non pour vous être agréable, que j'ai décidé de cesser, lundi, de vous écrire…
D'autant que vous ne me demandiez pas vraiment d'arrêter de le faire et que, peut-être, il m'aurait suffit d'inventer une autre forme, moins "envahissante", moins "indisposante" et moins
"importune », d'expression...
Mais non, j'étais vexé et j'ai pris, connement, la mouche.
C’est que vos mots, mesurés et précis, vos trois banderilles m’ont piqué au vif.
« Envahissant » n’était pas le plus inapproprié dans l’affaire. Il est vrai que j’avais conscience d’étaler un peu trop
ma couverture de pique-nique sur la prairie de votre espace virtuel. Mon insistance m’était flagrante…
Cependant je n’y voyais pas grande malice car espace virtuel est un éther infini n’ayant rien à voir avec une salle de séjour étriquée dont on piétine le tapis avec de gros sabots, c’est un lieu
qu’on peu choisir de fréquenter ou pas, avec des portes que l’on peut choisir d’ouvrir ou pas, portes que l’on peut même condamner si ce qu’elles laissent filtrer nous déplait.
Ainsi vous aurait-il été aisé de m’interdire d’accès à toutes vos B.A.L … Que vous ne l’ayez pas fait constitue un témoignage supplémentaire de votre humanité et, a posteriori, ne doit pas être interprété comme un encouragement. Je tacherai de m’en souvenir…
Non, ce qui m’a vraiment miné c’est de lire que mes textes, au demeurant flatteurs, ainsi que vous l’écriviez, vous « importunaient » et vous « indisposaient »… Après trois mois de patience et de quasi mutisme, vous me faites part de votre malaise et tout à coup je prends conscience que j’ai tout faux, que ma position est intenable…
Pour tout vous dire, c’est un sacré coup de pied dans les couilles de mon amour propre que vous m’avez administré là… Moi qui pensais avoir peaufiné, à votre intention, quelques bijoux littéraires admirables, me voici brutalement remis en place par votre intervention, ramené à un statut peu enviable de plumitif rasoir, d’anonyme écrivaillon dépourvu de talent… Mon stylo en pleure…
… Mais pas moi parce que je vous comprends. Je me demande simplement pourquoi votre révolte n’est pas survenue plus tôt.
N’empêche, mis à part l’anonymat relatif de leur auteur, j’en suis encore à m’interroger quant à ce qui a bien pu vous « indisposer » dans toutes ces pages, lesquelles étaient juste destinées à vous exprimer, sur tous les tons poétiques possibles, combien vous êtes de ces femmes qui peuvent se passer d’artifices et de fard tant votre sourire constitue le plus charmant des maquillages…
Je croyais n’avoir exprimé que cela. Et aussi la même chose à propos de vos qualités d’esprit et d’humanité… Je ne pensais pas avoir pu glisser, dans cette déferlante de fleurs, la moindre ambigüité ironique, ou salace, ou perverse qui put vous conduire à l’indisposition.
Manifestement je me suis trompé, et depuis je rumine mon erreur.
Je crois qu’on a toujours tort de se vexer. Ce qui désamorce mes propos c’est évidement leur anonymat ; ce qui les rend importuns et indisposants c’est encore leur anonymat. Et vous ne pourrez jamais croire en leur pertinence tant que je demeurerai une ombre.
C’est pourtant simple…
…d’autant qu’il me suffirait juste, pour être transparent, de confirmer vos soupçons…
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